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Histoire Lyonel Kaufmann

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Didactique

La disparition de l’Homme de Néandertal serait plus ancienne que l’on croyait

9 mars 2021 by Lyonel Kaufmann

Quand a disparu l’Homme de Néandertal? La question agite les scientifiques depuis longtemps. Des restes humains d’une grotte en Belgique, analysés grâce à une nouvelle technique, contribuent aujourd’hui au débat en se révélant bien plus anciens que précédemment envisagés.

Selon de précédentes datations par radiocarbone, les spécimens de la grotte de Spy en Belgique, où de nombreux restes humains ont été retrouvés depuis le 19ème siècle, remontaient à seulement 24 000 ans. Mais selon une étude publiée lundi dans la revue scientifique Pnas, ils sont en fait vieux d’entre 44 200 et 40 600 années. L’étude conclut ainsi que les Néandertaliens «ont disparu du nord de l’Europe (…) bien plus tôt que suggéré auparavant».

Une équipe multidisciplinaire de Belgique, de Grande-Bretagne et d’Allemagne a développé une méthode pour préparer les échantillons, permettant d’éviter toute contamination extérieure, a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) l’un des co-auteurs de l’étude, Thibaut Deviese, de l’Université d’Oxford et Aix-Marseille.

«Près de deux siècles après la découverte de l’enfant néandertalien d’Engis, nous avons été capables de lui donner un âge fiable», a déclaré Thibaut Deviese. «Dater tous ces spécimens de Belgique était très enthousiasmant, car ils ont joué un rôle majeur dans la compréhension et la définition de l’Homme de Néandertal.»

Des preuves existent qu’il a pu survivre plus longtemps dans d’autres régions qu’en Belgique, note toutefois l’étude. «La datation est cruciale en archéologie, car sans un cadre fiable de la chronologie, on ne peut être sûrs de comprendre les relations entre le Néandertalien et l’Homo sapiens», a-t-il souligné.

Source : https://ift.tt/3ryAZNZ – Le Temps

Lire aussi l’article du 7 novembre 2014: La rencontre entre «Sapiens» et Neandertal datée grâce à l’ADN ancien

Classé sous :BP110 - Faire de l'histoire aujourd'hui, BP13/22SHS Enseigner les sciences humaines et sociales aux cycles 1 et 2, Histoire savante, Nouvelles de l'histoire

Un musée, une enquête, des fake news pour initier à l’Anthropocène

27 février 2021 by Lyonel Kaufmann

Premiers tests du jeu Geome au musée de la Nature à Sion

Initier les élèves à l’anthropocène tout en leur permettant de mener une enquête et d’apprendre à résister aux fake news: c’est le but ambitieux que se sont fixé les auteurs de Geome, un jeu qui a été testé pour la première fois avec des classes en février 2021 au Musée de la Nature à Sion. «Le directeur de l’institution, qui est l’un de mes anciens étudiants, souhaitait améliorer la qualité des visites scolaires», explique Eric Sanchez. Ce jeu, ainsi que le système de suivi du joueur, ont été développés dans le cadre des projets PLAY et DigitComp soutenus par le FNS et menés en partenariat avec la HEP Valais. «Concrètement, les élèves-enquêteurs sont équipés de tablettes et partent explorer le musée, dans lequel sont disséminés des codes QR; on utilise donc à la fois la technologie et la muséographie existante.» Le maître du jeu, lui, est informé en permanence sur les actions des joueuses et joueurs et leur état émotionnel, via l’évolution de leur rythme cardiaque. «Au fil de leur enquête, les élèves doivent collecter toutes sortes d’informations et évaluer leur fiabilité; par ailleurs, ils sont confrontés à la question de l’exploitation des ressources et de la place de l’Homme dans la nature.» Grâce à ce premier test, les chercheuses et les chercheurs ont pu attester de la pertinence de cette approche du point de vue de l’engagement des élèves. «A terme, Geome devrait être jouable dans d’autres musées.»
Source de l’information : Apprendre en jouant, entre infos et intox – Alma & Georges
Photos et article: Premiers tests du jeu Geome au musée de la Nature à Sion.

Relativement au projet « Une exposition hors les murs sur l’Anthropocène » du Musée de la nature à Sion, cette exposition sera produite au cours de l’année 2021 pour être présentée dès le printemps 2022. Bilingue, elle circulera dans le canton du Valais et des contacts ont déjà été pris pour qu’elle circule ensuite dans toute la Suisse. Concernant le projet : « Une exposition hors les murs sur l’Anthropocène ».

Références :
Bonnat, C., Sanchez, E., Paukovics, E., & Kramar, N. (à paraître). Didactic transposition and learning game design. Proposal of a model integrating ludicization, and test in a school visit context in a museum. In J. K. Almqvist, K (Ed.), Didactics in a Changing World. European Perspectives on Teaching, Learning and the Curriculum: EERA Book Series.
Bonnat, C., Oliveira, G., & Sanchez, E. (2020). Geome, un juego para comprender el anthropoceno durante las visitas escolaires a un museo. Enseñanza de las Ciencias de la Tierra, 28(1), 89-98.

Classé sous :Didactique, Histoire active, Médias et technologies, Outils enseignement

Comment surmonter la « fatigue du Zoom » ?

25 février 2021 by Lyonel Kaufmann

Sam Blum propose sur Lifehaker un résumé d’un intéressant article sur les principales raisons de la fatigue engendrée par l’accumulation de vidéoconférences depuis le début de la pandémie ainsi que quelques recommandations pour la diminuer.macbook pro displaying group of people
Blum reprend ainsi des éléments d’une étude récente de chercheurs de Stanford, publiée dans la revue Technology, Mind and Behavior. Selon cette dernière, la « fatigue du Zoom » est essentiellement ce à quoi elle ressemble. Elle résulte de la tension accrue de maintenir des connexions à distance par le biais du canal vidéo et elle conduit à l’épuisement, au stress et à la monotonie au travail.

Jeremy N. Bailenson, auteur de cette étude, met en évidence quatre raisons de cette fatigue propre à la vidéoconférence :

  • Un contact visuel intense est fatiguant.
  • Se regarder pendant les chats vidéo est fatigant. Se regarder dans une réunion ne fait qu’augmenter l’anxiété de performance.
  • Avec les sessions en vidéo, nous bougeons moins au détriment de notre bien-être mental.
  • Les indices non verbaux sont plus difficiles à interpréter. Cela conduit à une « surcharge cognitive ».

Pour combattre la « fatigue du Zoom », Bailenson offre quelques solutions :

– Pour le contact visuel : Le chercheur recommande de ne pas utiliser le réglage plein écran.

– Pour la conscience de soi : Il n’est pas vraiment nécessaire de laisser votre caméra allumée à chaque réunion. Si vous devez garder votre caméra allumée, Bailenson recommande de régler vos paramètres de manière à ne voir que l’autre personne sur l’écran.

– Pour la mobilité : Bailenson recommande de vous procurer une autre caméra que vous pourrez relier à votre flux afin de pouvoir continuer à vous déplacer, et peut-être de vous présenter en position debout si vous le souhaitez. Un autre recours est d’éteindre à nouveau votre caméra et de porter des écouteurs bluetooth, afin de pouvoir vous promener dans votre maison ou votre appartement.

– Pour l’anxiété liée aux indices non verbaux : éteindre votre caméra fonctionne aussi bien, mais pour la renforcer encore, le chercheur recommande d’écouter la réunion loin de votre ordinateur.

Sources :
– Blum, S. (2020) How to Overcome ‘Zoom Fatigue’. Lifehaker, 24 février.
– Bailenson, J. N. (2020). Nonverbal Overload: A Theoretical Argument for the Causes of Zoom Fatigue. Technology, Mind and Behavior. Volume 2, Issue 1, DOI: 10.1037/tmb0000030. Lien : https://tmb.apaopen.org/pub/nonverbal-overload/release/1

Classé sous :Enseignement à distance

L’évolution de l’enseignement supérieur : 5 tendances mondiales à surveiller

22 février 2021 by Lyonel Kaufmann

Salesforce.org propose une 5 tendances mondiales à surveiller relativement à l’enseignement supérieur.
L’enseignement supérieur a connu des changements considérables au cours de la pandémie COVID-19.
Pour Salesforce, face à l’incertitude, il est devenu évident que les établissements ayant déjà investi dans les technologies numériques sont plus agiles et plus résistants. Par exemple, les communautés en ligne ont permis à 30 % des étudiant•es de se sentir plus connectés avec les autres étudiant•es pendant cette période.
A partir des principales données de Global Higher Education Research Snapshot et en partenariat avec la société d’études de marché Ipsos, Salesforce a identifié les nouvelles attitudes et priorités de 2 200 étudiants et personnels de l’enseignement supérieur dans le monde.
Pour comprendre l’évolution du paysage de l’enseignement supérieur, l’enquête explore cinq grandes tendances : la connexion, la confiance, le bien-être, la flexibilité et la carrière.


1. La communication aide les étudiant•es à se sentir connectés
Dans une période d’isolement typique, 75 % des étudiant•es voulaient recevoir des mises à jour hebdomadaires (ou même plus fréquentes) sur la pandémie.

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Pourquoi ? Ces communications régulières des établissements aident en fait les étudiant•es à se sentir plus proches et plus connectés que les années précédentes.
Ce précieux sentiment d’appartenance se manifeste de plus en plus à travers les communautés en ligne et d’autres canaux numériques, mais les institutions ont encore une grande marge de manœuvre pour se développer dans ce domaine.


2. La pandémie a-t-elle brisé la confiance ?
La pandémie a aggravé les écarts de confiance qui existent entre les dirigeants, les étudiant•es et le personnel des universités. Cela peut être dû en partie à un manque de ressources fournies pendant les restrictions imposées par la COVID-19.
Les attentes des étudiant•es vont des équipements de protection individuelle tels que les masques/le désinfectant pour les mains aux plans d’intervention transparents COVID-19. Les étudiant•es attendent également de leurs universités une myriade de ressources pour les aider à se mettre à l’aise.


3. Jongler avec les préoccupations relatives au bien-être
Des mois d’enfermement et de distanciation sociale persistante ont, à juste titre, bouleversé l’expérience universitaire des étudiant•es.
Cette situation est encore aggravée par divers problèmes de bien-être, allant des angoisses financières à la difficulté de jongler avec les responsabilités familiales.

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Cette incertitude affecte également les projets d’avenir des étudiant•es : 60 % d’entre eux sont préoccupés par la recherche d’un emploi après l’obtention de leur diplôme. Ils-elles veulent être préparé•es à la réussite professionnelle dans tous les domaines, mais seule une poignée d’entre eux-elles disposent des ressources appropriées.
Le bon côté des choses, c’est qu’une telle demande offre aux institutions la possibilité de fournir un soutien au bien-être plus personnalisé par le biais des canaux numériques d’abord.


4. Les étudiant•es sont attiré•es par l’apprentissage en ligne
Comme la pandémie semble créer de nouveaux défis de jour en jour, de nombreux-ses étudiant•es recherchent des options plus flexibles pour savoir quand et comment elles-ils apprennent.

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La bonne nouvelle ? Il y a déjà des preuves de ce changement. Plus de la moitié (57 %) du personnel déclare que son établissement investit dans de nouvelles modalités ou sources de revenus pour attirer de nouveaux-elles étudiant•es, notamment des options d’apprentissage plus flexibles.


5. Des incertitudes subsistent quant aux projets d’avenir
Les changements économiques amènent plus de la moitié (51 %) des étudiant•es à reconsidérer leurs projets d’études. En outre, parmi les personnels qui s’attendent à une augmentation des inscriptions d’apprenants adultes, une majorité pense que celle-ci sera due à des besoins de réorientation ou d’amélioration des compétences influencés par la pandémie dans ce climat.

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Cette incertitude affecte également les projets d’avenir des étudiant•es : 60 % d’entre eux-elles sont préoccupé•es par la recherche d’un emploi après l’obtention de leur diplôme. Elles-ils veulent être préparé•es à la réussite professionnelle dans tous les domaines, mais seule une poignée d’entre eux-elles disposent des ressources appropriées.

Source : The Evolution of Higher Education: 5 Global Trends To Watch

Classé sous :Enseignement à distance

Infographie : Comment repérer les fausses nouvelles ?

21 février 2021 by Lyonel Kaufmann

Visulacapitalist nous propose deux infographies concernant la question des fausses nouvelles et leur décryptage.

Loin d’être un concept nouveau, la désinformation a été utilisée tout au long de l’histoire comme une forme de propagande ou de guerre de l’information. Cependant, l’essor des médias sociaux en tant que centre de partage d’articles a permis de diffuser de « fausses nouvelles » – des informations fausses ou trompeuses présentées comme des nouvelles légitimes – sur l’ensemble de l’internet.

Dans une enquête mondiale sur les médias sociaux réalisée en 2019 par Ipsos, 44 % des personnes ont admis avoir été trompées par de fausses nouvelles au moins une fois, tandis que d’autres ont pu être dupés à leur insu.

C’est dans cet esprit que Visulacapitalist a combiné les conseils du projet journalistique à but non lucratif First Draft News et de la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et des bibliothèques (IFLA) pour créer ce guide permettant de comprendre les « fausses nouvelles » et de les repérer.

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Catégories de désinformation en ligne du moins intentionnel au plus intentionnel

  • Satire/parodie : ces types d’articles peuvent quand même tromper les lecteurs et être partagés comme étant « réels ».
  • Faux lien : des histoires avec des titres, des visuels et des légendes qui ne soutiennent pas le contenu.
  • Contenu trompeur : utilisation trompeuse d’informations pour encadrer un sujet ou un individu, en particulier s’il n’est pas impliqué dans l’histoire.
  • Faux contexte : un contenu authentique qui est partagé avec de fausses informations contextuelles, comme une date incorrecte ou une citation mal attribuée.
  • Contenu imposé : lorsque des sources authentiques sont usurpées afin de tromper le public.
  • Contenu manipulé : la manipulation délibérée de l’information, telle que la modification numérique d’une image ou l’invention de citations.
  • Contenu fabriqué : contenu faux nouvellement créé, conçu pour tromper et nuire. Il s’agit notamment de fausses vidéos et de sites se faisant passer pour des organismes de presse légitimes.

Comment savoir si un article est une « fausse nouvelle » ?

Avec de nombreux types de désinformation à combattre et la confiance dans les organisations médiatiques qui s’effondrent partout dans le monde, on peut avoir l’impression d’être entouré de « fausses nouvelles », mais il y a quelques éléments que vous pouvez vérifier pour être sûr. Voici les pistes proposées par l’infographie suivante 😀

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Source : www.visualcapitalist.com

Classé sous :Didactique, Médias et technologies, Outils enseignement

Formation à distance : évitez de sombrer dans la « technofolie » !

28 janvier 2021 by Lyonel Kaufmann

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La tentation – mais aussi souvent la pression – d’utiliser une foule d’outils technologiques pour capter et maintenir l’attention des étudiants ou faciliter la collaboration est souvent très forte, mais elle a ses mauvais côtés.

Louis-Etienne Dubois, Ryerson University

Alors qu’un autre semestre universitaire virtuel se profile à l’horizon – le deuxième, voire le troisième pour certains depuis le début de la pandémie – la fatigue et la baisse de satisfaction envers ce format à distance semblent de plus en plus senties, de part et d’autre de l’écran.

D’un côté, il y a des étudiants inquiets de la qualité des cours reçus, mais surtout en manque de la vie de campus et associative. De l’autre, des enseignants à bout de souffle ou à court de moyens, poussés du jour au lendemain à changer leurs pratiques et à animer leurs classes depuis la maison.

Au-delà des impacts purement pédagogiques, c’est aussi la question de la santé mentale de tous qui inquiète aujourd’hui. Ayant personnellement dû donner cours en ligne à plus de 250 étudiants de premier cycle universitaire au cours des dernières semaines, j’ai été à même de vivre ces enjeux et de ressentir toutes les limites de ce nouveau mode d’enseignement.

Éviter la technofolie

La tentation – mais aussi souvent la pression – de dégainer une foule d’outils technologiques pour arriver à capter et maintenir l’attention des étudiants ou faciliter leur collaboration est souvent très forte. Certes, l’idée de donner un cours en direct sur Twitch ou dans un monde fictif sur Minecraft, et de poursuivre la discussion sur Discord ou sur Slack peut paraître stimulante. Mais, dans ce contexte particulier, l’enseignant fait parfois davantage figure d’influenceur web que d’expert académique.

Ces choix technologiques confrontent aussi les enseignants à des limites, tant logistiques qu’humaines. Que dire aux étudiants, nombreux, qui accèdent à ces contenus depuis leur téléphone portable et donc à même leurs données cellulaires, ou encore à ceux qui ne possèdent pas encore un ordinateur et une connexion Internet assez performante ? Que faire des étudiants qui doivent partager leur espace de travail avec le reste de la famille, qui ne maîtrisent pas d’emblée ces différents outils ou qui doivent apprendre à manipuler une panoplie d’applications différentes pour chacun de leurs cours ?

Ces questions illustrent aussi le risque très réel de créer de nouvelles barrières à l’inclusion en matière d’enseignement. Ainsi, avant de mobiliser pareille quincaillerie, il importe de s’attarder sur la capacité des étudiants à bien s’en saisir, mais aussi aux enseignants de s’y former suffisamment pour en tirer une expérience d’apprentissage positive. Plus important encore, c’est là aussi l’occasion d’appréhender d’autres modes d’enseignement à distance, et enfin s’extirper de cette vision qui passe par toujours plus d’outils et par la surstimulation.

Une approche plus humaine

Et si une des réponses aux enjeux de l’enseignement à distance passait surtout par un retour à l’essentiel et la mise en place de contextes moins « technos » et plus humains ?

Dans leurs travaux sur l’économie de l’expérience, dans laquelle la valeur créée est fondée sur l’expérience des « invités », les consultants Joseph Pine et Jim Gilmore expliquent que les expériences dites « esthétiques » proposent simplement un cadre dans lequel les participants sont invités à adopter une posture contemplative. L’expérience vise alors l’harmonie des sens et l’atteinte d’une sorte de plénitude individuelle. La visite d’un musée, une expérience dans laquelle les gens déambulent, s’assoient sur un banc et se perdent dans leurs pensées en est un exemple. Elle contraste fortement avec une expérience de divertissement comme un spectacle de musique ou un parc d’attractions. C’est l’éloge de la lenteur, d’une stimulation non technologique plus subtile, mais tout aussi prenante.

Ce genre d’appel en faveur d’une approche pédagogique plus lente et informelle n’est pas nouveau. D’ailleurs, l’idée de diminuer la cadence, ou d’élaguer un tant soit peu le contenu pour en faciliter la rétention sans pour autant en affecter la qualité gagnait lentement du terrain bien avant la pandémie.

Surveiller ses arrières !

Ainsi, au lieu d’employer un énième outil collaboratif durant un cours sur Zoom, pourquoi ne pas simplement instaurer une ambiance propice à la réflexion grâce à un décor chaleureux, un peu de nature, une œuvre à regarder ou une musique plaisante à écouter ?

De même, pourquoi ne pas ouvrir les salles virtuelles plus tôt, ou les fermer plus tard, afin de permettre à ceux et celles qui en ont envie d’échanger dans un cadre plus informel. Pourquoi ne pas envoyer le contenu à l’avance de manière à profiter de ces moments dits « synchrones » pour interagir et injecter un peu de chaleur humaine ?

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Offrir des cours en baladodiffusion ou transmettre les évaluations via un support audio permet non seulement de se reposer les yeux, mais offre aussi plus de flexibilité quant au moment et à l’endroit où consulter ce contenu.
Shutterstock

Enfin, il est possible de valoriser les stimulus autres que visuels afin de permettre aux étudiants de prendre congé de leurs écrans ne serait-ce qu’un bref instant. Le simple fait d’enregistrer des épisodes de baladodiffusion ou encore de transmettre les évaluations via un support audio permet non seulement de se reposer les yeux, mais offre aussi plus de flexibilité quant au moment et à l’endroit où consulter ce contenu. L’occasion est aussi venue de redécouvrir les charmes d’une simple conversation téléphonique, au lieu d’une autre vidéoconférence.

Puisque ce mode d’enseignement virtuel est appelé à perdurer à tout le moins jusqu’à l’automne ou l’hiver prochain et à jouer un plus grand rôle dans les cursus universitaires au sortir de la pandémie, il n’est pas trop tard pour imaginer des modes d’engagements plus soucieux des contraintes de chacun.

Selon Pine et Gilmore, toute bonne expérience se doit d’ailleurs d’être pensée en fonction du contexte plus large dans lequel elle s’inscrit. Ainsi, plutôt que de s’en remettre à nouveau à l’équivalent du cours magistral en ligne, gardons en tête les contraintes du moment et imaginons des cours qui permettent de varier les contextes dans lesquels on s’y plonge, que ce soit près du feu ou même sous la couette !The Conversation

Louis-Etienne Dubois, Assistant Professor, School of Creative Industries, Faculty of Communication and Design, Ryerson University

This article is republished from The Conversation under a Creative Commons license. Read the original article.

Classé sous :Enseignement à distance, Nouvelles de l'histoire

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